Observatoire du nucléaire

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L’ASN ne voit pas de raison de fermer la centrale de Fessenheim

15 novembre 2008 · julienschwartz

La cen­trale nucléaire de Fessenheim (Alsace), la plus vieille du parc nucléaire fran­çais, ne sera pro­ba­ble­ment pas mise à l’arrêt à l’issue de la visite décen­nale qui aura lieu en 2009, a décla­ré jeu­di [*André-Claude Lacoste, pré­sident de l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN)*]. « Il n’y aucune rai­son d’imaginer qu’il faut fer­mer Fessenheim », a décla­ré Lacoste lors d’une confé­rence de presse sur le déman­tè­le­ment des ins­tal­la­tions nucléaires fran­çaises. En 2009, l’organisme de contrôle des acti­vi­tés nucléaires civiles réa­li­se­ra sa troi­sième révi­sion décen­nale afin de déter­mi­ner si la cen­trale peut conti­nuer d’être exploi­tée dix années sup­plé­men­taires. « Au terme de cette pro­cé­dure, nous pren­drons par­ti (…), on peut ima­gi­ner une posi­tion où nous dirions que Fessenheim ne doit plus conti­nuer de fonc­tion­ner, mais cela parait très impro­bable », a encore dit Lacoste. Les oppo­sants au nucléaire demandent depuis des années la fer­me­ture des deux réac­teurs de 900 méga­watts de la cen­trale de Fessenheim mis en ser­vice en 1977.


Article de L’Alsace, 15/11/2008

Encore 20 ans avant la « retraite »
pour la cen­trale de Fessenheim ?

Il est « très impro­bable » que la cen­trale de Fessenheim soit mise à l’arrêt suite à l’inspection décen­nale pré­vue en 2009, estime le pré­sident de l’Autorité de sûre­té nucléaire.

Cette ins­pec­tion com­plète, la troi­sième que doit subir la plus ancienne cen­trale du parc nucléaire fran­çais mise en ser­vice en 1977, inter­vien­dra en automne 2009 pour le réac­teur n° 1 et en 2010 pour le réac­teur n° 2. Elle peut abou­tir à dif­fé­rentes conclu­sions sur les­quelles André-Claude Lacoste, pré­sident de l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN), a décla­ré qu’il ne vou­lait pas « anti­ci­per ». Instance indé­pen­dante d’EDF, l’ASN est en quelque sorte le « gen­darme » du nucléaire civil.

**Trois hypothèses

Une hypo­thèse est que « Fessenheim conti­nue à fonc­tion­ner encore dix ans » et que soit dres­sée la liste « des ques­tions qui seraient à trai­ter en prio­ri­té si Fessenheim devait conti­nuer à fonc­tion­ner 20 ans », a détaillé le pré­sident de l’ASN, jeu­di à Paris, au cours d’une confé­rence de presse. Une autre hypo­thèse est que la cen­trale, dont des anti­nu­cléaires fran­çais, alle­mands et suisses, réclament la fer­me­ture à cause des risques sis­miques, d’inondation et d’une série d’incidents, « conti­nue encore à fonc­tion­ner quelques années, moins de 10 ans », a-t-il ajou­té. « On peut aus­si ima­gi­ner que Fessenheim ne puisse plus conti­nuer à fonc­tion­ner. Ça me paraît très impro­bable. Ce n’est pas vrai­ment l’hypothèse que j’imagine », a-t-il encore dit. Les anti­nu­cléaires ont annon­cé fin octobre qu’ils allaient sai­sir le Conseil d’Etat après le rejet par le minis­tère de l’Ecologie d’un recours deman­dant l’arrêt défi­ni­tif de Fessenheim. EDF signale de son côté que des cen­trales nucléaires amé­ri­caines uti­li­sant la même tech­no­lo­gie (à eau pres­su­ri­sée) ont obte­nu des auto­ri­sa­tions de pour­suite d’exploitation por­tant leur durée de vie à 50 ans. Après avoir long­temps fixé la durée de vie pro­bable des cen­trales fran­çaises à 40 ans, EDF semble désor­mais envi­sa­ger sérieu­se­ment une ral­longe de dix ans.

**Le réacteur n°1 à l’arrêt depuis trois mois

La cen­trale de Fessenheim a annon­cé jeu­di avoir obte­nu de l’Autorité de sûre­té nucléaire l’autorisation de diver­gence pour le réac­teur n°1 à l’arrêt depuis le 9 août. Cette auto­ri­sa­tion est déli­vrée sous réserve que l’ensemble des contrôles et opé­ra­tions de main­te­nance soit satis­fai­sant. En prin­cipe, l’unité de pro­duc­tion n°1 devrait à nou­veau être cou­plée au réseau dans les pro­chains jours. Elle avait fait l’objet d’un arrêt pro­gram­mé pour le chan­ge­ment d’un tiers de l’uranium qui inter­vient tous les 14 mois. Cet arrêt com­bus­tible, qui dure en prin­cipe de trois à six semaines, a été pro­lon­gé pour réa­li­ser dif­fé­rents tra­vaux de main­te­nance. Le réac­teur n° 2 a fait l’objet, de son côté, de deux arrêts for­tuits (du 18 février au 22 avril, puis du 4 juillet au 3 août) en rai­son d’un pro­blème technique.