Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Rapport post-Fukushima : soumise au pouvoir politique, l’Autorité de sûreté est incapable de prendre ses responsabilités

3 janvier 2012 · ana duarte

Le 24 mars 2011, alors que le pre­mier ministre François Fillon annon­çait un « audit » de la sûre­té des cen­trales nucléaires fran­çaises, l’Observatoire du nucléaire annon­çaitqu’il s’agissait d’un « sub­ter­fuge au résul­tat déjà connu » : aucune fer­me­ture de cen­trale ne serait annoncée.

Neuf mois plus tard, cette pré­vi­sion est évi­dem­ment confir­mée : l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) ne pré­co­nise aucune fer­me­ture de cen­trale nucléaire, mal­gré la dan­ge­ro­si­té évi­dente de toutes les cen­trales.

La catas­trophe de Fukushima a pour­tant appor­té la confir­ma­tion défi­ni­tive, pour ceux qui en dou­taient encore, que les humains sont trop faillibles pour faire fonc­tion­ner en toute sûre­té des cen­trales nucléaires.

Au lieu d’en tirer les consé­quences et de pré­co­ni­ser l’arrêt le plus rapide pos­sible de l’ensemble de l’industrie nucléaire, l’ASN joue au contraire le rôle qui lui a été confié par le gou­ver­ne­ment : faire croire à la popu­la­tion que la sûre­té nucléaire peut être assurée.

Le manque total d’indépendance de l’ASN a d’ailleurs été clai­re­ment démon­tré le 31 mars der­nier lorsque, après avoir pro­po­sé un mora­toire sur la construc­tion du réac­teur EPR, le Président de l’ASN était reve­nu dès le len­de­main sur sa pro­po­si­tion, sur ordre de l’Elysée. (Voir com­mu­ni­qué du 31 mars 2011)

Il est aus­si utile de rap­pe­ler que M. Jamet, membre du col­lège de l’ASN, était le chef de la délé­ga­tion de l’AIEA) char­gée de tirer les ensei­gne­ments du séisme du 16 juillet 2007 qui a gra­ve­ment endom­ma­gé la cen­trale nucléaire de Kashiwasaki au Japon. Déjà à l’époque, les pré­co­ni­sa­tions de M. Jamet ont été bien mièvres puisque la catas­trophe nucléaire est sur­ve­nue au Japon à peine 3 ans plus tard… suite à un séisme.

Il est donc néces­saire que les citoyens s’organisent eux-mêmes pour impo­ser l’arrêt de l’industrie nucléaire avant que ne sur­vienne un Fukushima français.